Plis d’amertume : pourquoi sont-ils complexes à corriger ?
Les plis d’amertume font partie des signes du vieillissement du bas du visage les plus fréquemment évoqués en consultation de médecine esthétique.

Situés sous les commissures des lèvres et descendant vers le menton et la ligne mandibulaire, ils peuvent donner à la bouche une expression triste ou sévère, parfois même lorsque le visage est au repos.La tentation pourrait être simple : puisqu’un creux est visible, il suffirait de le combler avec de l’acide hyaluronique.
En réalité, le traitement des plis d’amertume est beaucoup plus complexe. Leur apparition peut résulter de plusieurs phénomènes qui se combinent : perte de soutien, modification des volumes, vieillissement cutané, activité musculaire, transformation du menton et de la mandibule ou encore relâchement des tissus.
C’est pourquoi deux patients présentant visuellement des plis d’amertume similaires peuvent nécessiter des traitements très différents.
Qu’est-ce qu’un pli d’amertume ?
Le pli d’amertume, également appelé ligne de la marionnette, correspond au sillon qui apparaît entre la commissure des lèvres et la partie inférieure du visage.
Avec le temps, cette zone peut progressivement se creuser. La commissure labiale semble alors descendre et une ombre se forme de chaque côté de la bouche.
Mais contrairement à une simple ridule superficielle, le pli d’amertume concerne souvent plusieurs structures du visage.
La peau vieillit, les compartiments graisseux évoluent, les tissus perdent une partie de leur soutien et les structures osseuses se modifient également avec l’âge. La dynamique musculaire du bas du visage intervient elle aussi dans l’apparence de cette région.
Le pli visible en surface est donc parfois seulement la conséquence finale de modifications beaucoup plus globales.
Pourquoi les plis d’amertume apparaissent-ils ?
Il n’existe pas une cause unique.
La perte de soutien du visage
Avec le vieillissement, les tissus du visage se modifient et certains volumes évoluent. Le soutien de la partie inférieure du visage peut devenir moins efficace.
Les tissus ont alors tendance à se déplacer et à accentuer progressivement les sillons autour de la bouche.
Le relâchement cutané
La diminution progressive du collagène et de l’élastine entraîne une perte de fermeté de la peau.
Lorsque le relâchement devient important, il peut participer à l'apparition des bajoues, à la perte de définition de l’ovale et à l’accentuation des plis d’amertume.
Les modifications du menton et de la mandibule
Le vieillissement ne concerne pas uniquement la peau.
Les structures profondes du visage évoluent également. La projection du menton, les rapports entre le menton et la mandibule et la définition de la ligne mandibulaire peuvent jouer un rôle important dans l’équilibre du tiers inférieur du visage.
Un menton insuffisamment projeté peut, par exemple, participer à un manque de soutien de cette région.
C’est pourquoi une génioplastie médicale par injection d’acide hyaluronique peut parfois faire partie du traitement des plis d’amertume, même lorsque ceux-ci ne sont pas directement injectés.
L’activité musculaire
Plusieurs muscles interviennent autour de la bouche et du menton. Chez certains patients, leur activité contribue à tirer les commissures vers le bas ou à modifier la dynamique de cette zone.
Cette composante doit être évaluée lors de l’examen clinique.
La qualité de la peau
Une peau fine, froissée ou présentant une perte importante d’élasticité ne réagira pas de la même manière qu’une peau épaisse et encore tonique.
Le traitement doit donc également tenir compte de la qualité cutanée.
Faut-il injecter directement le pli d’amertume ?
Pas nécessairement.
C’est précisément l’une des particularités de cette zone.
Lorsqu’un pli est principalement lié à une perte de soutien ou à un déséquilibre du bas du visage, injecter directement le creux sans traiter sa cause peut conduire à alourdir la région autour de la bouche.
L’objectif n’est donc pas systématiquement de remplir ce que l’on voit.
L’analyse doit chercher à comprendre pourquoi le pli s’est formé.
Chez certains patients, une petite quantité d’acide hyaluronique directement placée dans la zone pourra être indiquée. Chez d’autres, il sera préférable de travailler principalement à distance.
L’acide hyaluronique pour corriger les plis d’amertume
Les injections d’acide hyaluronique restent l’une des possibilités de traitement, mais leur utilisation peut répondre à plusieurs objectifs.
Injecter directement le pli
Lorsque le sillon est bien individualisé et que l’anatomie du patient s’y prête, une injection prudente peut permettre d’en diminuer la profondeur.
L’objectif n’est généralement pas de faire disparaître totalement le pli, mais de réduire l’ombre et la cassure qu’il crée.

Restaurer les points de soutien
Dans certaines situations, le traitement peut être réalisé autour de la zone plutôt que directement dans le pli.
En travaillant certains points de soutien, le médecin cherche à améliorer l’équilibre des tissus et à diminuer indirectement l’apparence du pli.
Travailler le menton
Le menton joue un rôle majeur dans l’architecture du tiers inférieur du visage.
Une génioplastie médicale peut permettre, lorsque l’indication est présente, de modifier sa projection ou certaines de ses proportions.
Cette correction peut participer à une meilleure harmonie entre le menton, la bouche et la ligne mandibulaire.
Redéfinir la jawline
Lorsque les plis d’amertume s’accompagnent d'une perte de définition de l’ovale, l’analyse de la jawline ou ligne mandibulaire peut également faire partie du plan de traitement.
Là encore, cela ne signifie pas nécessairement injecter toute la mandibule. Quelques points précisément choisis peuvent parfois être privilégiés en fonction de l’anatomie.
Et lorsque le problème vient surtout du relâchement de la peau ?
L’acide hyaluronique ne répond pas à toutes les situations.
Si le problème dominant est la qualité ou le relâchement cutané, multiplier les injections de produit de comblement n’est pas nécessairement la stratégie la plus adaptée.
Des traitements destinés à améliorer la qualité de la peau ou à stimuler sa restructuration peuvent alors être envisagés selon l’indication médicale.
Ils peuvent être utilisés seuls ou intégrés dans une prise en charge combinée.
Peut-on associer plusieurs techniques ?
Oui, et c’est même souvent l’intérêt d’une prise en charge globale du vieillissement du bas du visage.
Un patient peut présenter simultanément une perte de soutien, un pli marqué, une peau relâchée et une modification de l’ovale.
Une seule technique ne corrigera pas nécessairement l’ensemble de ces phénomènes.
Le plan de traitement peut alors être réalisé progressivement, en hiérarchisant les priorités : restaurer un soutien, améliorer les proportions, traiter éventuellement le pli résiduel puis travailler la qualité cutanée.
Cette approche permet également d’éviter de vouloir tout corriger uniquement avec du volume.
Quand la médecine esthétique atteint-elle ses limites ?
C’est un point important.
Lorsque le relâchement du bas du visage est important, que les bajoues sont installées et que l’excès cutané devient significatif, les injections ne peuvent pas reproduire l’effet d’une chirurgie.
Ajouter toujours davantage d’acide hyaluronique pour tenter de « lifter » un visage très relâché peut au contraire augmenter les volumes sans réellement corriger la cause du problème.
Dans certaines situations, une prise en charge chirurgicale peut donc être discutée.
Reconnaître les limites des traitements médicaux fait partie intégrante de l’analyse esthétique du visage.
Pourquoi l’analyse du visage entier est-elle indispensable ?
Une bouche ne peut pas être étudiée indépendamment du menton. Un menton ne peut pas être analysé sans regarder le profil. Et une jawline ne peut pas être corrigée sans prendre en compte l’ovale du visage.
C’est particulièrement vrai pour les plis d’amertume.
Avant de proposer un traitement, plusieurs éléments doivent être observés :
- la profondeur et l’origine du pli ;
- la position des commissures labiales ;
- la projection du menton ;
- la structure mandibulaire ;
- la présence éventuelle de bajoues ;
- la répartition des volumes ;
- le relâchement cutané ;
- la dynamique musculaire ;
- l’équilibre du visage de face et de profil.
C’est cette analyse qui permet de déterminer où traiter, mais également où ne pas injecter.
Plis d’amertume : faut-il forcément beaucoup injecter ?
Non.
Un plan de traitement pertinent ne se mesure pas au nombre de seringues utilisées.
Chez certains patients, une stratégie minimaliste et quelques points précisément sélectionnés peuvent être préférables à un remplissage important du bas du visage.
Chez d’autres, plusieurs zones devront être prises en charge progressivement.
Il n’existe donc pas de protocole standard applicable à tous les visages.
Traiter la cause plutôt que simplement remplir le pli
Les plis d’amertume illustrent parfaitement l’évolution actuelle de la médecine esthétique.
Il ne s’agit plus simplement de voir une ride et de la remplir. Il faut comprendre les mécanismes qui ont conduit à son apparition.
Parfois, le meilleur traitement d’un pli d’amertume consiste justement à ne pas l’injecter directement.
Au cabinet du Dr Philippe Yaeche, médecin esthétique à Rouen, l’examen du visage permet d’établir un plan de traitement personnalisé en fonction de l’anatomie, du vieillissement des tissus, des proportions et des attentes du patient.
L’objectif est de rechercher un résultat équilibré et naturel, sans transformer les volumes ni standardiser les visages.

Protocole ZO Skin Health® : le traitement médical pour transformer durablement la qualité de la peau










